• Quand La Montagne Devient Mirage...

    Quand La Montagne Devient Mirage...

    Il y a environ 6 semaines, nous avons commencé officiellement nos apprentissages de manière un peu plus structurée. Un horaire, des matières à voir obligatoirement à chaque jours, 3x par semaine, 1x par quinzaine, etc… Un plan de match à suivre, 1h de préparation environ par soir pour le lendemain, bref… Le but ultime? Que fiston soit prêt pour une première année « forte » dans toutes les matières au lieu de valser entre deux niveaux. Tout était super bien mis en place, du moins en apparence. J’avais tout de la maman qui, après plus de 4 ans de lecture, de visite sur des blogs et groupes FB, à s’informer et à tout mettre en place, prenait finalement le tout en main de manière efficace et sans aucune inquiétude. Évidemment. Je veux dire… Vous n’avez pas vu mes relevés bancaires pendant ces 4 années! Le meilleur matériel, des frais de shipping de fou pour avoir la dernière méthode en date utilisée en France et qui fait des merveilles, achat de livres et albums jeunesses bienveillants afin de m’assurer que les petites oreilles chastes de mes enfants ne reçoivent que le meilleur, abonnement par ci et par là, et j’en passe!

     

    Eh bien… Je vous le dis simplement, sans chichi : le début de nos AEF m’ont apporté quelque chose que je n’aurais jamais imaginé… UNE BONNE DOSE D’HUMILITÉ! Oui oui, c’est ça… Une grosse cafetière d’humilité, et bien corsée svp!

     

    Pendant plus de 4 ans, je me suis préparée car « C’est quelque chose de vraiment différent, c’est tout un changement de vie, une voie marginale peu connue et que peu emprunte donc je dois être prête quand viendra enfin le jour J! ». J’en ai littéralement fait une grosse montagne… et en seulement un mois et des poussières, ma montagne s’est retrouvée au niveau de quelques grains de sables qui se retrouve parfois sur notre chemin; à nous de décider si ces grains nous seront utiles pour un de nos fameux projets ou si on les tasse tout simplement du revers de la main sans leur accorder plus d’importance qu’ils en ont. Car bon, en bout de ligne, ce sont juste des petits grains de sable; ça peut être agaçant ou irritant, mais c’est quand même qu’un peu de sable… Toutefois, juste une petite mise en garde : trop sable, si on ne le balaye pas tout de suite, peut camoufler le chemin qu’on souhaite emprunter, et c’est là qu’on risque de se perdre.

     

    C’est ce que j’ai vécu. Je me suis perdue… sur la voie des AEF bienveillants, fait dans la joie et avec sourire, sans stress ni inquiétudes, il y a un embranchement que j’ai emprunté sans le savoir. Des questionnements, différents choix, une panoplie de méthodes, l’envie de donner le meilleur, des conseils venant de tous, tout ceci, comme autant de petits grains de sable, ont finalement recouvert le chemin tout simple qui était devant moi. Ce chemin, je l’ai perdu de vue. J’en ai trouvé d’autres, bien sûr, et comme l’herbe semble toujours plus verte ailleurs, j’en suis réellement venue à croire que c’était mieux; oui certains chemins semblaient plus tortueux, plus caillouteux, moins plats, plus essoufflant, mais si c’est le prix à payer pour avoir le meilleur, alors bon… on fera avec! Pourtant, c’est justement car je ne suis pas le genre de maman qui dit à ses enfants « fais avec! » que j’ai choisie de prendre en charge leur éducation et d’utiliser le terme Apprentissage En Famille au lieu d’école-maison. Alors oui, je l’avoue : je m’étais perdue en chemin, et pas qu’un peu!

     

    Il a fallu que je perds bien du temps (et de l’argent, on ne se le cachera pas!) pour enfin recevoir cette dose d’humilité dont j’avais grand besoin. Dès notre première semaine en mode formel, j’avais l’impression d’étouffer. Une partie de moi savait très bien que je ne me dirigeais pas à la bonne place pour nous, pour notre famille; mais j’avais tellement travaillé fort et sacrifié pour créer ce programme avec tout ce beau matériel qui sortait de l’ordinaire et qui, de cause à effet, ferait de mes enfants de futurs citoyens extraordinaires! Car c’est là que j’étais rendue; à croire que je me devais de faire de mes enfants des gens « plus » que tous les autres, afin de démontrer à quel point pratiquer les apprentissages en famille est ce qu’il y a de mieux. Au bout de 4 semaines, mon grand, en pleurs, trouvait que c’était « ben plate » faire l’école avec maman, alors qu’il a toujours été demandant de tous nos projets et nos apprentissages. Coup de poing au cœur. Claque au visage. Go ma fille, là voilà ta tasse d’humilité bien corsé, bois-la au plus vite!

     

    Finalement, dans les 2 dernières semaines, je suis revenue à l’essentiel. J’ai pris le temps d’observer mes enfants et on a mis les cahiers de côté. On a fait des activités que bien des personnes peuvent trouver « enfantines » mais qui ont fait le bonheur de mes oursons. J’ai repris nos grandes conversations autour d’un smoothie et fait suivre nos quelques activités formelles autour d’un thème. L’art et la science ont repris leurs (très) grandes places dans nos vies. Et les mathématiques et le français? Pour l’instant on les voit de mille et une façon, toutes plus amusantes les unes que les autres. Est-ce qu’ils apprennent? Bien évidemment! Chaque jour que Dieu fait, mes enfants découvrent, expérimentent, et apprennent! Et en septembre? On va surement intégrer la 1ere année car c’est là qu’est rendu fiston, mais on va utiliser des cahiers qui vont lui plaire et le motiver, même si ce n’est pas un niveau enrichi et le « plus meilleur » matériel sur le marché. On va y aller avec des ateliers basés sur l’apprentissage par la littérature car c’est ça qui les passionnent : les livres! On va partir de la science pour faire des projets d’art et pleins d’expériences car mes oursons en redemandent! Mon mini? Il va suivre son grand-frère dans tous nos beaux projets et ateliers thématiques, mais le côté plus formel va encore se faire avec des cahiers à gommettes, car c’est ça qu’il aime, et qu’il n’est pas prêt pour plus.

     

    Alors ce matin, je vous aie écrit ce texte, car en me levant, et en entendant mon mini me dire « Mommy, t’as tué la spider toute seule! T’es la meilleure, je vais te faire un big hug! », et mon grand m’expliquer que « dans le mots TAPIS il y a le son iiiiii fak ça maman là, ça veut dire qu’il y a la lettre comme ça dedans » et écrire un « i » en lettre attaché dans la semoule, eh bien! les montagnes ont disparue… Comme un mirage, en m’approchant un peu plus, les montagnes ont laissé place à un chemin tout simple, tout plat, sans trop de fla-fla… Notre chemin à nous, la voie que j’avais choisi depuis bien longtemps pour notre aventure AEF.

     

    Et puis ce chemin, je vous le dis du fond de mon cœur, je le trouve tellement beau!


  • Commentaires

    1
    Vendredi 28 Juin à 18:45

    Ça me parle tellement ! Si avec ma fille, le tout formel s'impose comme une évidence, il n'en est rien avec mon fils de 6 ans. Il faut toujours garder à l'esprit que rien n'est figé, les blogs donnent des idées mais c'est en faisant que chaque famille trouve sa voie, et encore, il faut souvent s'ajuster pour maintenir la bonne direction. Bon succès dans cette belle aventure, au plaisir !
    Julie

      • Samedi 29 Juin à 20:36

        Comme tu le dis si bien, on doit s'ajuster à nos enfants et c'est quelque chose qui est en constante évolution! Mon grand aime tellement faire des cahiers, j'étais certaine que tout allait bien se passer en formel... et ben non loll Merci de ton commentaire, bon été à vous avant la reprise :) 

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